"Dans le secteur des transports ferroviaires de grandes lignes, 2013 a connu une dégradation globale de la régularité (annulations) et de la ponctualité (retards)". Tel est le sombre constat dressé par l’Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST), dans son dernier rapport publié le 15 mai 2014.
 
"Certes les trains internationaux, peu nombreux, se sont légèrement améliorés, mais c’est la qualité des TGV qui a diminué", observe l'autorité. Ainsi, 0,3% des trains internationaux ont été annulés en 2013, au lieu de 0,1% en 2012. Quant à leur taux de retard, il est passé de 6,6 à 6,5 en un an. Mais le TGV a connu une année noire. "La proportion des TGV en retard à l’arrivée a sensiblement empiré en 2013, avec 11,6% en moyenne, par rapport à 2012 où la moyenne était de 10,6%", note le rapport. Et les annulations ont également augmenté. "Le taux d’annulation des TGV est passé, en moyenne sur l’année, de 0,2% à 0,3%."
 
Pourquoi cette détérioration de la qualité de service du TGV ? L'AQST rappelle que la SNCF explique cette situation par les nombreux travaux menés sur son infrastructure et par les intempéries exceptionnelles de 2013, notamment les neiges de mars et les grandes chaleurs de juillet. "Toutefois, il nous semble que l’argument des perturbations pour causes de travaux sur les infrastructures ne devrait pas être si prégnant dans les retards subis. (…) Une grande partie de ces perturbations devrait être prévisible et ainsi mieux intégrée dans les durées et les horaires annoncés à l’achat du voyage", pointe l'autorité.
 
En mars 2014, la SNCF a fait son mea culpa, en promettant que les TGV arriveront plus souvent à l'heure dès cette année. Sa solution : quatre centres de supervision régionaux, au lieu d'un centre national, pour être plus proches des incidents sur le terrain. Cette nouvelle organisation aurait déjà réduit de moitié les retards de plus d'une heure, assure la compagnie ferroviaire. 
 

Le TER : champion de la ponctualité, mais aussi des annulations

"Les trains Intercités ont amélioré leur taux moyen de retard de 11,5% à 11,1%, malgré une pointe difficile en juillet due à de fortes chaleurs", poursuit le rapport. En revanche, leur taux d'annulation a empiré en 2013, en passant de 0,6% à 1,0% en moyenne sur l'année. Le record a été enregistré en mars 2013, où 7% des Intercités, soit 1 train programmé sur 14, ont été annulés. "Cela s’explique par les épisodes neigeux en Normandie, qui ont nécessité une forte mobilisation de matériel habituellement au quart Sud-Est de la France", souligne l'AQST.
 
Quant au TER, l'autorité ne dispose pas de données pour l'année 2012. Elle ne peut donc analyser l'évolution de sa qualité de service. En revanche, elle constate que leur ponctualité est meilleure que celle du TGV, et même des Intercités. Ainsi, la moyenne nationale est de 8,9% de TER en retard, contre donc 11,6% pour les TGV et 11,1% pour les Intercités. En revanche, leur taux d’annulation, de 2,3%, est nettement supérieur à celui des TGV et Intercités, respectivement de 0,3% et 1,0% en 2013.

L'autorité demande plus d'informations

Créée en 2012 au sein du Conseil général de l’Environnement et du développement durable, l'AQST demande à ce qu'il lui soit fourni de plus amples informations afin d'affiner ses prochains rapports et d'en élargir le périmètre. Elle souhaite notamment pouvoir ajouter à son champ des données : le métro et les autobus parisiens, les transports collectifs des grandes villes de province, les autocars de longue distance et les dessertes maritimes régulières.
 
"Il conviendrait parallèlement d’approfondir la connaissance des raisons principales de la non-qualité de chacun des modes et leurs poids respectifs, d’autant qu’en la matière, le ressenti des voyageurs peut différer grandement de la réalité des chiffres", indique-t-elle. Ces données pourraient être prochainement fournies à l’AQST par ses partenaires, autorités publiques décentralisées et opérateurs. Une demande appuyée par Frédéric Cuvillier, secrétaire d’Etat chargé des Transports. Il faut ajouter "une analyse des causes des retards et des annulations, qui permette de discerner ce qui est imputable aux opérateurs et ce qui est dû à des évènements extérieurs", a déclaré le ministre.
 
Christophe Guillemin