Avertir le modérateur

05/05/2014

La SNCF suit de très près la bataille pour Alstom

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transpor...

Par Lionel Steinmann | 05/05 | 06:00  

La compagnie est à la fois un gros client et un partenaire à l'export pour l'activité transport du groupe.

La SNCF et Alstom ont récemment fait équipe sur l'appel d'offres Rio-São Paulo au Brésil. - Photo Alstom
La SNCF et Alstom ont récemment fait équipe sur l'appel d'offres Rio-São Paulo au Brésil. - Photo Alstom

Silence radio, mais vigilance maximale. Si la SNCF se refuse à tout commentaire sur l'avenir d'Alstom, elle suit avec la plus grande attention l'évolution du dossier. Le contraire serait étonnant : la compagnie ferroviaire est à la fois l'un des plus gros clients de l'activité transport du groupe ainsi que son principal partenaire lorsqu'il s'agit d'aller conquérir des marchés à l'étranger.

Sur le marché de la grande vitesse, les deux groupes ont fait équipe dernièrement sur l'appel d'offres pour la liaison Rio-São Paulo au Brésil, ou encore pour vendre le TGV à la Russie. Ils font également partie d'un même consortium pour décrocher en 2015 la construction et l'exploitation d'une ligne de 25 kilomètres dans le Maryland (Etats-Unis).

En tant qu'allié à l'export, la SNCF a donc tout à gagner à ce que le futur Alstom, « recentré » sur le ferroviaire après la vente annoncée des activités énergie, soit compétitif. Mais elle y a aussi intérêt pour ne pas se retrouver sommée de passer commande pour sauver l'emploi dans les usines françaises d'Alstom. L'an dernier, la SNCF a acheté 40 rames TGV qui sont tombées à pic pour regarnir le plan de charge d'Alstom. Mais les cadres de la compagnie étaient nombreux à confesser que cet achat s'était fait sous la pression des pouvoirs publics, et qu'il allait inutilement alourdir l'endettement, la compagnie n'ayant nullement besoin de nouveaux trains.

Dépendance accrue au marché français

Signe que la compagnie traînait des pieds, la négociation du prix de la commande, alors même que celle-ci avait été annoncée, avait duré des mois. «  Si Alstom parvenait à placer ses TGV à l'étranger, ce serait une excellente nouvelle pour la SNCF », confiait récemment un syndicaliste cheminot.

Cela sera-t-il possible avec un Alstom devenu « pure player » ? Le groupe ne souhaite pas s'exprimer sur la question. Un consultant qui travaille régulièrement pour la SNCF se montre plus disert : « Malgré le travail de transformation mené ces dernières années, Alstom Transport reste une entreprise française qui exporte dans quelques pays, et non un groupe global d'origine française. Pour vendre à l'étranger, elle pouvait jusqu'ici s'appuyer sur les implantations industrielles d'Alstom Power (la branche énergie du groupe, NDLR). La perte de ce marchepied à l'export sera un coup dur. » Avec le risque à moyen terme, selon lui, de voir Transport accroître sa dépendance au marché français (de 20 % à 30 % de son chiffre d'affaires selon les estimations) et, donc, aux commandes de la SNCF.

Pour cet expert, la vente de l'activité énergie d'Alstom a tout de même du bon pour la filière ferroviaire française : «  Cela a le mérite de lancer le débat sur le projet d'activité d'Alstom Transport, et sur la nécessité pour le groupe d'élargir sa base industrielle, que ce soit avec General Electric ou avec Siemens. »

 
Lionel Steinmann
 

 Les chiffres clefs

40 rames

La dernière commande de TGV passée à Alstom par la SNCF, l'an dernier.

440 Le parc actuel de rames TGV de la SNCF

100 % du parc a été fabriqué par Alstom. La commande (non encore livrée) de 10 rames à Siemens en 2010 par Eurostar a constitué une première.
 

15:37 Publié dans SNCF, TGV | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu