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12/03/2014

SNCF : les régions ne veulent pas de concurrence avant 2019

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Par Lionel Steinmann | 11/03 | 06:00

Le président de l'ARF est très critique sur la gestion des TER.
Il refuse toutefois la mise en concurrence anticipée de la SNCF.

 Alain Rousset, président de l'Association des régions de France, dénonce la dérive des coûts de la SNCF. - Photo Pascal SITTLER/REA

Alain Rousset, président de l'Association des régions de France, dénonce la dérive des coûts de la SNCF. - Photo Pascal SITTLER/REA

Les rivaux potentiels de la SNCF pour l'exploitation des trains régionaux (TER) vont devoir tempérer leurs ardeurs. Quand des opérateurs comme l'allemand Arriva, filiale de la Deutsche Bahn, ou le français Transdev, filiale de la Caisse des Dépôts, militent pour une expérimentation rapide de la concurrence, Alain Rousset, le président de l'Association des régions de France (ARF), déclare dans un entretien aux « Echos » qu'il ne souhaite pas une mise en compétition avant 2019.

Pourtant, l'ambiance n'est pas franchement au beau fixe entre la compagnie publique et l'ARF, qui présente aujourd'hui son « manifeste pour le renouveau du système ferroviaire ». Plusieurs régions ont décidé ces dernières semaines de geler leurs paiements, faisant grief à la SNCF de l'augmentation régulière de la facture. « Depuis 2002, les coûts ont augmenté de 90 %, soit 4 fois plus que la hausse de l'offre. Cela revient à des augmentations annuelles de 4 % à 6 %. Où est l'amélioration de la productivité ? Cette dérive des coûts n'est plus acceptable et elle n'est plus possible », dénonce Alain Rousset.

Le président de l'ARF reproche également à la SNCF son manque de transparence : « Nous payons tout, mais nous ne contrôlons rien. La seule marge de manoeuvre que nous avons sur le prix du billet, c'est à la baisse. Nous n'y voyons pas assez clair dans les comptes qu'on nous présente, et nous n'avons pas non plus assez d'informations sur l'organisation des roulements ou la maintenance alors que nous payons la totalité de celle-ci. »

Maintien du calendrier

En embuscade, les concurrents potentiels de la SNCF, regroupés dans l'Association française du rail, font leur miel de ces doléances. Ils proposent « le lancement sans tarder d'appels d'offres » qui permettraient, selon eux, de gagner en efficacité tout en réduisant les coûts. Mais ces promesses n'ont pas convaincu l'ARF. Pour Alain Rousset, il n'y a pas lieu d'accélérer le calendrier institutionnel qui prévoit une ouverture à la concurrence en 2019, avec des expérimentations avant cette date, car « 2019, c'est demain ». Et l'arrivée d'un concurrent privé n'est pas, selon lui, obligatoire pour aiguillonner la compagnie publique : « Certes, les régions veulent pouvoir comparer les performances de la SNCF avec ce que font d'autres opérateurs ailleurs. Mais cela doit pouvoir se faire avec la SNCF si elle accepte d'ouvrir ses comptes. »

Pour l'ARF, les appels d'offres ne sont pas l'alpha et l'oméga. « Nous ne rejetons pas la concurrence, mais nous ne souhaitons pas nous la voir imposer, précise son président. Les régions soutiennent le règlement européen "obligations de services publics", adopté en 2007, qui offre la possibilité de choisir entre l'attribution directe, la régie et l'appel d'offres. Cette dernière option doit donc rester un choix parmi d'autres. »

Cette prise de position pourra soulager Guillaume Pepy et Alain le Vern, le nouveau responsable de l'activité TER. Mais ils sont prévenus : « Un refus d'évoluer de la SNCF reviendrait à pousser les régions dans les bras de la concurrence », insiste Alain Rousset.

Lionel Steinmann

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