C’est une première pour l’Autorité de la qualité de service dans les transports. L’AQST a approfondi les causes des retards dans les TER. L'objectif de ce bilan est double : "offrir une plus grande transparence, condition principale de la qualité de service qui est due aux voyageurs" et surtout "identifier les causes afin que l’ensemble des acteurs travaillent à l’amélioration et donc à leur résorption". 

L’AQST a retenu six causes de retard. La plus importante est liée à des raisons dites "externes au transport" (24,9%). Cela concerne, par exemple, la météo, les obstacles sur la voie, les colis suspects, la malveillance, les mouvements sociaux… Ainsi, l’année 2016 a été marquée par les grèves à la SNCF et les inondations au printemps 2016 et aux intempéries et plus généralement aux conditions automnales en fin d'année dans certaines régions.

La deuxième cause de retard est liée à la gestion du trafic (19,4%), c’est-à-dire la circulation sur les lignes ferroviaires et les interactions entre les réseaux. L’AQST note, toutefois, que "le niveau de ponctualité TER ne semble que peu dépendre des intensités de trafic, à savoir le nombre de trains par heure".

De forts écarts entre les régions

Les autres causes de retard concernent les infrastructures ferroviaires (16%), soit la maintenance et les travaux sur les voies ; la gestion en gare et réutilisation du matériel (15%) qui touche les questions de personnel de bord et la réaffectation du matériel ; le matériel roulant (12,4%) et la prise en compte voyageurs (12,4%) liée à la gestion des affluences, des personnes en situation de handicap et des correspondances.

L’analyse de l’AQST fait apparaître des différences significatives entre les régions en 2016. En effet, les taux de retard (à plus de 5mn59’) s’échelonnent entre 5,1% dans le Grand Est et 15,1% en PACA. L’Autorité souligne que "les meilleurs résultats (Grand Est, Normandie, Bretagne) sont obtenus lorsque toutes les causes de retard sont maîtrisées, et donc que le succès est conditionné par des efforts dans tous les domaines".

Des résultats qui pèsent dans les négociations entre les autorités organisatrices et la SNCF, en particulier en région PACA. Son président Christian Estrosi n'a pa signé de nouvelle convention TER bien quelle soit arrivée à échéance le 31 décembre 2016. Celui-ci n'accepte pas que "la SNCF continue à facturer très cher aux habitants un service de mauvaise qualité".

F.G.